Ce qu'un samouraï d'antan achèterait aujourd'hui !


La Lame du Katana


Les différentes structures de la lame du katana

Il existe une multitude de combinaisons possible dans la création / forge de la lame d'un katana. Il est ainsi possible jouer sur les "nuances" de l'acier, c'est à dire sélectionner et assembler des éléments d'acier tendre ou dur pour donner certaines propriétés mécaniques à la lame.

Le forgeron recherchera généralement à pouvoir donner le tranchant le plus dur possible (pour l'aiguisage le plus fin et le pouvoir de pénétration le plus important) tout en offrant une certaine souplesse à la lame (pour mieux encaisser le choc d'une coupe, d'un sabre, ou d'une erreur de coupe).

On parle ainsi de lame en acier monobloc (maru) lorsque la lame a une seule nuance d'acier, et d'acier composite lorsque la lame comprend plusieurs nuances d'acier.



les différentes structures de la lame du katana

Malgré de nombreuses combinaisons possibles, les plus répandues et utilisé es (pour des raisons de coût et de réalisation) sont les lames maru et kobuse.

Lors de la trempe d'une lame kobuse, la soudure peut sauter la soudure près d'une fois sur deux  (même pour un forgeron expérimenté). Quand à la technique soshu kitae (attribuée à Muramase), elle appartient plutôt à la légende qu'à la réalité. Ceux qui prétendront vendre une lame de katana moderne de type soshu kitae sont soit des idiots soit des escrocs !


 

 La qualité de la lame ?

Il est erroné de juger de la qualité d'un katana d'après sa seule structure et / ou sa ligne de trempe (hamon). La qualité d'un acier dépend surtout de son travail et de la technique de forge employée. Par exemple pour apprécier la valeur d'un katana il faut également s'attacher à des aspects tels que le grain de l'acier, le revenu, le recuit, l'origine du minerai ou de l'acier (haut ou bas fourneau), la technique de trempe (température de trempe, trempe à l'huile, à l'eau, au goop...), l'utilisation de borax ou non, le corroyage etc... la liste est longue... !

Un certain forgeron français en action

Plus encore nous sommes habitués à connaitre et quantifier exactement le pourcentage de carbone dans une lame (exemple une lame en acier 1060 correspond à 0,60% de carbone). Il faut cependant savoir que dans le processus de forge ancien utilisé au Japon (bas fourneau, type tatara), le forgeron sélectionne à vue d'œil sur une loupe* de plusieurs kilos d'acier des petits morceaux selon leur carburation apparente (et en triant entre la fonte, l'acier et le fer). C'est à dire qu'il apprécie le taux de carbone de son acier selon sa propre perception et son expérience. Le forgeron peut réduire et affiner ce taux de carbone en l'évacuant par des procédés de forge. On est loin de nos habitudes de quantification exacte.

 
Le composite à tout prix ?

Faut-il à tout prix vouloir d'une lame en acier composite ? Nous avons vu que cet aspect de la lame n'est pas le seul gage de qualité du katana. Les samouraïs avaient pour beaucoup (finance oblige) des lames de type maru. De la même manière qu'une lame pouvait très bien se tordre ou encore se briser sur le champs de bataille, rien de très dramatique ( Si le samouraï se sortait de cette mauvaise passe, évidement ).

A notre époque, seules les productions artisanales peuvent offrir véritablement un katana avec une lame composite. Nos aciers modernes nécessitent une soudure au borax pour assembler les différentes nuances d'acier. Aucun industriel ne se permettrait de devoir perdre la moitié de sa production (en raison du risque que la soudure casse lors de la trempe). L'acier japonais (dit traditionnel) "tamahagane" est un acier dont la particularité est de permettre la forge de lame composite sans souder à l'aide du borax. La soudure se faisant naturellement dans la forge. Cet acier réputé devient rare de nos jours.

Une fois la trousse assemblée, elle servira à forger la lame du katana
  
Retrouvez nos différents katana, wakizashi et tanto par type d'acier employé :
Acier Ressort (acier 9260 ou 60Si7)
Acier Carbone (1060, 1095)
Acier plié
Acier Tamahagane


* loupe: le four tatara est un four à usage unique car il faut le détruire pour en extraire le produit (la loupe). Le four est alimenté au charbon et accueille des quantités importantes de minerai de fer qui sous l'action  du feu laissent finalement un grand bloc d'acier, de fonte et de fer (le tout forme la loupe). Le forgeron sélectionne les petits morceaux de cette loupe qui formeront la trousse (bloc d'acier utilisé et quantifié pour forger une lame).