De la loupe d'acier
Le composite à tout prix ? Faut-il à tout prix vouloir d'une lame en acier composite ? Nous avons vu que cet aspect de la lame n'est pas le seul gage de qualité du katana. Les samouraïs avaient pour beaucoup (finance oblige) des lames de type maru . De la même manière qu'une lame pouvait très bien se tordre ou encore se briser sur le champs de bataille, rien de très dramatique ( Si le samouraï se sortait de cette mauvaise passe, évidement ). A notre époque, seules les productions artisanales peuvent offrir véritablement un katana avec une lame composite. Nos aciers modernes nécessitent une soudure au borax pour assembler les différentes nuances d'acier. Aucun industriel ne se permettrait de devoir perdre la moitié de sa production ( en raison du risque que la soudure casse lors de la trempe). L'acier japonais (dit traditionnel) " tamahagane " est un acier dont la particularité est de permettre la forge de lame composite sans souder à l'aide du borax. La soudure se faisant naturellement dans la forge. Cet acier réputé devient rare de nos jours. Et Samouraï Shop ? Nos lames se classent sans difficultés dans la partie acier monobloc. Nous abordons le problème du comportement de la lame différemment : Les forgerons japonais recherchaient avant tout à améliorer le comportement de leur lame pour le plus de performance et d'efficacité. Leur réponse était adaptée en fonction des moyens d'époque. Chez Samouraï Shop nous prenons le pari de la modernité et des avancées technologiques avec l'acier 60S7. Le silicum nous offre une solution très efficace pour apporter toute la souplesse et la résilience à une lame en acier monobloc ( maru ).
Et enfin le véritable travail de forge de la lame !
Malgré de nombreuses combinaisons possibles, les plus répandues et utilisées (pour des raisons de coût et de réalisation) sont les lames maru et kobuse . La trempe d'une lame kobuse peut faire sauter la soudure des deux nuances d'acier une fois sur deux (même pour un forgeron expérimenté). Quand à la technique soshu kitae (attribuée à Muramase) elle appartient peut être à la légende qu'à la réalité. On en conclut que ceux qui prétendent vendre une katana moderne de type soshu kitae sont soit des idiots soit des escrocs !
A la selection des éléments de la trousse
Les différentes structures de la lame du katana Samouraï Shop vous propose ici un article sur le katana et la structure de la lame en acier . Cet article évoque de manière générale un thème relatif au nihonto ou véritable sabre japonais. Il existe une multitude de combinaison possible dans la création / forge de la lame d'un katana. Le principe de base reste de jouer sur les "nuances" de l'acier, c'est à dire de sélectionner et assembler des éléments d'acier tendre ou dur pour donner certaines propriétés mécaniques à la lame . Le forgeron recherchera généralement à pouvoir donner le tranchant le plus dur possible (pour l'aiguisage le plus fin et le pouvoir de pénétration le plus grand) tout en offrant une certaine souplesse à la lame (pour mieux encaisser le choc d'une coupe, d'un sabre, ou d'une coupe ratée). En termes actuels on parle de lame en acier monobloc ( maru ) lorsque la lame a une seule nuance d'acier, et d' acier composite lorsque la lame comprend plusieurs nuances d'acier.
Il est cependant erroné de simplifier la qualité d'un katana d'après sa seule structure et/ou sa ligne de trempe ( hamon ). La qualité d'un acier dépend surtout de son travail et de la technique de forge employée. A titre d'exemple pour apprécier la valeur d'un katana il faudrait encore s'attacher à des aspects tels que le grain de l'acier, le revenu, le recuit, l'origine du minerai ou de l'acier (haut ou bas fourneau), la technique de trempe (température de trempe, trempe à l'huile, à l'eau, au goop...), l'utilisation de borax ou non, le corroyage etc... la liste est longue.
Plus encore nous sommes habitués à connaitre et quantifier exactement le pourcentage de carbone dans une lame (exemple une lame en acier 1060 correspond à 0,60% de carbone). Il faut cependant savoir que dans le processus de forge ancien utilisé au Japon (bas fourneau, type tatara), le forgeron sélectionne à vue d'œil sur une loupe* de plusieurs kilos d'acier des petits morceaux selon leur carburation apparente (et en triant entre la fonte, l'acier et le fer). C'est à dire qu'il apprécie le taux de carbone de son acier selon sa propre perception et son expérience. Le forgeron peut réduire et affiner ce taux de carbone en l'évacuant par des procédés de forge. On est loin de nos habitudes de quantification exacte. * loupe: le four tatara est un four à usage unique car il faut le détruire pour en extraire le produit (la loupe). Le four est alimenté au charbon et accueille des quantités importantes de minerai de fer qui sous l'action du feu laisse finalement un grand bloc d'acier, de fonte et de fer (le tout forme la loupe). Le forgeron sélectionne les petits morceaux de cette loupe qui formeront la trousse (bloc d'acier utilisé et quantifié pour forger une lame).
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